SEMINAIRE DE CONSCIENTISATION (Novembre 2012-Juin 2013)- THEME: LE PROJET DE LA SOCIETE MAATOCRATIQUE- Sujet N°2: « TEXTE SACRE ET MYTHE FONDATEUR DE LA SOCIETE MAATOCRATIQUE »


TEXTE SACRE

ET MYTHE FONDATEUR DE LA SOCIETE MAATOCRATIQUE

 

 

GRAND HYMNE AU SOLEIL

DU Pharaon AKHENATON

 

 

[TRADUIT DE L’EGYPTIEN ANCIEN PAR LE PROFESSEUR THEOPHILE OBENGA]

 

 

 

Tu apparais beau à l’horizon du ciel

Disque solaire vivant qui a inauguré la vie

Sitôt que Tu t’es levé à l’horizon oriental

Que Tu as empli chaque pays de ta beauté

Tu es beau, tu es grand, tu étincelles haut au-dessus de tout l’univers

Tes rayons embrassent les pays jusqu’à l’extrémité de tout ce que tu as créé

Etant le Soleil, tu as atteint jusqu’à leurs extrémités

Tu les lies pour ton fils que tu aimes

 

Tu es loin, mais tes rayons sont sur la Terre

Tu es sur leurs visages (des hommes), mais ta marche n’est pas visible

 

Lorsque que tu te couches dans l’horizon occidental

L’univers est dans les ténèbres à la manière de la mort

 

Ils dorment (les hommes) dans les chambres, têtes couvertes

Et aucun œil ne voit l’autre

 

Si tous leurs biens qui sont sous leurs têtes étaient volés

Ils ne s’en apercevraient pas.

Tous les lions sortent de leur antre

Et tous les serpents mordent

Ce sont les ténèbres d’un four et le monde gît dans le silence

 

C’est que leur Créateur repose dans son horizon

Mais à l’aube, dès que tu es levé à l’horizon

Et que tu brilles, disque solaire dans la journée

Tu chasses les ténèbres et tu émets tes rayons

Alors le Double-Pays est en fête

Eveillés, ils (les hommes) se tiennent sur leurs pieds

Car tu les a éveillés

 

Sitôt leurs corps lavés, ils prennent leurs vêtements

Et leurs bras sont adoration à ton lever

L’univers entier se livre à son travail

Tout bétail est satisfait de son herbe

 

Arbres et herbes verdissent

Les oiseaux s’envolent de leurs nids

Leurs ailes déployées en adoration de ton Ka

Toutes les bêtes se mettent à sauter sur leurs pattes

Tous ceux qui volent et tous ceux qui se posent

Ils vivent lorsque tu t’e levé pour eux

Les bateaux descendent et remontent le courant pareillement

 

Tout chemin est ouvert, car tu es apparu

Les poissons dans le fleuve bondissent à ta face

C’est que tes rayons pénètrent profondément dans la mer

 

Tu fais développer les germes des femmes

Et créer la semence chez les hommes

Tu vivifies le fils dans le sein de sa mère

Et tu l’apaises avec ce qui fait cesser ses larmes

Nourrice dans le sein

 

Tu donnes le souffle pour vivifier chacune de tes créatures

 

Lorsqu’elle sort du sein pour respirer au jour de la naissance

Tu ouvres la bouche tout à fait et tu pourvois à son nécessaire

Quand le poussin est dans son œuf et pépie déjà dans la coquille

Tu lui donnes le souffle à l’intérieur, pour le vivifier

Tu as prescrit pour lui son temps fixe pour la briser de l’intérieur

Il sort de l’œuf pour piauler, au temps fixé

Et il marche sur ses pattes aussitôt qu’il en est sorti

 

Quelles sont nombreuses les choses que tu as créées

Bien qu’elles soient cachées à la vue

 

Ô Dieu Unique qui n’a point un autre au dessus de Lui

Tu as créé l’univers selon ton cœur

Etant seul

 

Tous, hommes, troupeaux et bêtes sauvages

Tout ce qui est sur Terre et marche sur les pattes

Ce qui est dans les hauteurs et vole de ses ailes

Les pays de montagne : Khor et Kouch

Et le pays d’Egypte

 

Tu as mis chaque homme à sa place et as pourvu à son nécessaire

Chacun a sa nourriture et son temps de vie est compté

Les langues son séparées dans leur expression

Leurs caractères comme leurs peaux sont distincts

 

Puisque tu as distingué les étrangers

Tu crées le Nil dans le monde inférieur

Et tu le fais venir à ta volonté pour faire vivre les gens

 

Comme tu les as créés pour toi

Toi, leur Seigneur à tous, qui prends tant de peine avec eux

Seigneur de l’univers entier, qui te lèves pour lui

Disque du jour au prodigieux prestige

Tout pays étranger, si loin soit-il, tu le fais vivre

 

Tu as placé un Nil dans le ciel qui descende pour eux

Il forme les courants d’eau sur les montagnes comme la mer

Pour irriguer leurs champs et leurs villes

 

Qu’ils sont efficients tes desseins, Seigneur de l’éternité

Un Nil dans le ciel, c’est le don que tu as fait aux étrangers

Et à toute bête des montagnes qui marche sur les pattes

Tout comme le Nil qui vient du monde inférieur pour le Pays-Aimé

 

Tes rayons nourrissent toute la campagne

Dès que tu brilles, elle vit et pousse pour toi

Tu fais les saisons pour développer tout ce que tu as créé

La saison « Peret » pour les rafraîchir et l’ardeur pour qu’ils te goûtent

Tu as fait le ciel lointain pour t’y élever

Et pour embrasser de la vue tout ce que tu as créé

Tu es unique

 

Lorsque tu t’es levé en ta forme de disque vivant

Qui apparaît puis resplendit

Qui est loin, mais demeure proche

Tu crées des milliers de formes de toi-même

Etant Seul

Villes, districts, champs, chemins, fleuves

Tout œil te voit en face de lui

Parce que tu es le disque du jour au dessus de la terre

Mais parce que tu es parti, plus aucun des êtres n’existe que tu as créés

Pour ne point contempler uniquement toi-même

 

Bien que nul ne te voie de ceux que tu as créés

Tu demeures pourtant dans mon cœur

Et il n’y en a point d’autre qui te connaisse

Excepté ton Fils NEFER-KHEPEROU-RÂ WA-EN-RÂ

Car tu fais en sorte qu’il connaisse tes desseins et ta puissance

 

L’univers est venu à l’existence sur ta main, comme tu l’as créé

Te lèves-tu et il vit

Te couches-tu et il meurt

Tu es la durée de la vie elle-même

On vit de toi

Les yeux ne cessent de fixer ta beauté jusqu’à ton coucher

On cesse tout travail dès que tu te couches à l’Occident

Dès ton lever, tu fais croître toute chose pour le roi

Et la hâte s’empare de toute jambe

Depuis que tu as organisé l’univers

Et que tu les as fait surgir pour ton fils, sorti de ton corps

 

Le Roi de la Haute et de la Basse Egypte, vivant de vérité, le seigneur du Double-Pays, Nefer-Khéperou-Râ Wa-en-Râ

Fils de Râ, vivant de vérité, Seigneur des couronnes, Akhnaton

 

Grand dans la durée de la vie

Et la Grande Reine qu’il aime, la Dame du Double pays, Nefer-Neferou-Aton Neferty-Iiti (Nefertiti)

 

 

 

Puisse-t-elle vivre et rajeunir à jamais, éternellement !

 

 

AKHENATON

Pharaon Mystique

 

Traduction du Professeur Théophile OBENGA

In « La Philosophie africaine de la période pharaonique : 2780-330 avant notre Ere » ; L’Harmattan, Paris, 1990. pp.77-95

 

 

 

 

 

 

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