INTRODUCTION AU CHANGEMENT DE NOTRE PARADIGME


INTRODUCTION AU CHANGEMENT DE NOTRE PARADIGME

Par

JP. KAYA

AVANT-PROPOS

Les lois de la reproduction de la pensée scientifique ont été étudiées(cf. Thomas KHUN, « La Structure des Révolutions Scientifiques »). Les faits sont avérés: une théorie scientifique devient un paradigme dès qu’elle s’impose sur toute l’étendue d’une période historique. Elle imprègne alors la méthodologie, la terminologie et même la phraséologie de l’ensemble des disciplines scientifiques et de l’activité intellectuelle en général de cette époque, jusqu’à ce que son energie interne s’épuise. Elle apparaît alors durant cette époque comme une méta-théorie: c’est la définition du paradigme.

Après quoi, elle cède sa place à une nouvelle théorie, puis va prendre ses quartiers au musée de l’histoire de la pensée humaine. On passe ainsi de la Raison constituée, à la Raison constituante. Ou encore de la Raison archithectonique, à la Raison polémique. Nous observons par exemple ce phénomène dans la transition de l’Hégelianisme au Marxisme. Puis du Marxisme à la Postmodernité. Et enfin de la Postmodernité à la Maât comme on le verra. Et plus précisémment au Karisme. La meilleure façon d’observer cette transition au sein de notre communauté scientifique kamite, est d’exposer d’abord la rupture qui s’anonce entre la pensée africaine contemporaine, l’afrocentricité et sa dernière expression le Karisme. Car avec le KARISME, comme nous allons le constater, la pensée africaine va rejoindre à nouveau directement la pensée universelle, et s’y installera définitivement et en prendra même les commandes, si nous sommes déterminés à le faire.

Dans cette optique, rien, aucune idée ne doit prendre place et subsister au sein de la nouvelle pensée africaine, qui ne soit formulée avec rigueur et précision. Toutes les théories boiteuses et fumeuses qui ne contribuent pas à la Renaissance Africaine n’auront qu’un seul destin, celui d’être sans aucun remord, impitoyablement massacrées, puis mises au rébus. 

Nous inaugurons l’étape et l’époque de l’excellence kamite. Il ne s’agit pas d’un effet de mode. Un peuple qui veut réaliser une Renaissance, doit accepter la critique, de se critiquer, donc de s’imposer à lui même la rigueur la plus extrême et la plus absolue. Accepter de tout remettre en cause, pour ne garder que ce qui résiste à l’épreuve de la critique. Sans pour autant céder à la tentation de la critique pour la critique: l’esprit  de critique qui est la mentalité querelleuse de l’homme de la rue, et non pas celle du savant qui repose sur l’esprit critique.  Ainsi, soyez les bienvenus si vous possédez la mentalité pharaonique, ou si vous aspirez à l’acquérir.

Donc, Nul n’entre ici, s’il n’est Serviteur de la Maât. Car au sens strict, la Maât c’est la Vérité elle même. C’est elle la mentalité pharaonique en soi.

I- ORIGINE DES CARENCES DE L’AFROCENTRICITE

De nos jours, nous avons confusément l’impression selon laquelle le panafricanisme est en panne. Or le panafricanisme s’identifie aujourd’hui à l’afrocentricité. L’impression est réelle. Mais nous ne percevons pas clairement les raisons de ce malaise.

En fait, le paradigme qui véhicule la pensée afrocentriste a déjà atteint ses limites, car précisement il repose sur la théorie diffusioniste qui ne fait que juxtaposer les arguments affirmant l’unité de la civilisation africaine et par conséquent l’africanité de la civilisation pharaonique elle même. C’est à dire cette théorie ne démontre pas l’ethnogenèse de la civilisation africaine, d’où le malaise qui s’empare des scientifiques kamites les plus exigeants. Donc nous ne critiquons pas les arguments eux mêmes, mais, la théorie qui les utilise. L’afrocentricité se retrouve ainsi dans une relation binaire d’opposition stérile avec l’africanisme. Nous qui sommes ses partisans actifs et conceptifs, sommes convaincus d’avoir raison face aux africanistes, mais nous n’arrivons pas à asséner l’argument décisif pour mettre fin à la querelle principale qui nous oppose aux africanistes sur la question  de: « la négritude des anciens Egyptiens ». Il nous faudrait pour cela changer de paradigme. Pour y parvenir il fallait à la pensée africaine contemporaine découvrir une nouvelle approche, que j’ai appelée: l’approche matricielle, c’est sur elle que repose la nouvelle pensée africaine: le KARISME.

Première difficulté, l’afrocentricité repose entièrement sur une méthodologie héritée du marxisme: le matérialisme historique. Rappelons d’abord que le marxisme est un matérialisme philosophique. Ce qui veut dire qu’il ne croit pas en la création du monde par un Dieu, extérieur ou antérieur à celui-ci. Pour le Marxisme, le monde a toujours existé et n’a jamais été créé. Et cela explique sa conviction profonde selon laquelle, la matière est éternelle et est supérieure à l’esprit et par conséquent, l’être social détermine la conscience sociale et non l’inverse. Cet argument qui découle donc de la croyance du marxisme en l’absence d’un Dieu qui aurait créé l’Univers, fonde aussi sa sociologie, le matérialisme historique. Or cela implique également sa non croyance en une nature Divine ou Supérieure qui habiterait l’Homme, (la double structure du psychisme humain) ce qui rend possible son évolution spirituelle, croyance donc qui justifie et légalise l’existence de la MAAT elle même. Dans le Marxisme, la croyance dans la primauté de l’être social sur la conscience sociale explique par conséquent le monisme explicatif qui caractérise la pensée marxiste. Par exemple dans cette pensée, c’est toujours l’infrastructure qui prévaut sur la superstructure, et la détermine, malgré la relation dialectique qui est sensée exister entre les deux catégories. Les pères du Marxisme résument cette idée dans une image. Dans leur théorie, on part de la Terre vers le Ciel et non l’inverse. Et celui qui prend l’option inverse, a les pieds en l’air et la tête en bas. C’est d’après eux la situation dans laquelle se trouvait la pensée de HEGEL. Nous venons ainsi de mettre en lumière la raison fondamentale pour laquelle, le marxisme est foncièrement en opposition avec la pensée africaine, l’Initiation, donc la Maât, qui croit en l’existence de l’esprit, et également à sa primauté et sa supériorité sur la matière. Il ne faut pas se voiler la face. La méthodologie marxiste a puissamment influencé l’afrocentricité tout au long du XXè siècle. Il n’y a d’ailleurs aucune honte à cela puisque le marxisme a influencé les sciences humaines elles mêmes de la même façon au cours de cette période. Ainsi les lacunes de la démarche afrocentriste qui sautent à mes yeux, sont précisément imputables au matérialisme historique, la sociologie du marxisme. Nous avons religieusement conservé ces lacunes croyant qu’il s’agissait de vérités indépassables, alors que les sciences humaines qui elles se sont libérées entre temps de l’influence du marxisme nous prouvent le contraire. Voilà où est le malaise actuel de la communauté intellectuelle africaine. Il se trouve dans ce conservatisme, motivé par le sentimentalisme  idéologique. Mais tout cela est parfaitement compréhensible. Il faut simplement replacer les choses dans leur contexte historique. Sans les compliquer d’avantage par des jugements insuffisamment argumentés, qui cherchent à tout expliquer par l’aliénation.

Aussi, si l’afrocentricité n’est pas capable d’apporter une explication décisive qui ne laisse aucun doute possible dans l’esprit de celui qui la reçoit au sujet de l’antériorité de la civilisation africaine, de l’unité culturelle de l’Afrique et de l’africanité de l’Egypte pharaonique, c’est principalement à cause de la méthodologie qui lui a servi à concevoir son argumentation et ses inférences: le matérialisme historique. Problème, il ne pouvait en être autrement, puisque c’était la seule méthode révolutionnaire disponible sur le marché à l’époque, notamment au moment des indépendances africaines. Théorie anti-impérialiste et anti-colonialiste, compatible alors avec le désir d’émancipation des Africains. Or par nature, cette méthode ne pouvait pas nous permettre de concevoir une théorie globale de la société africaine, qui interroge son ethnogenèse, parce que disions-nous ci-dessus, il s’agit d’un matérialisme philosophique. En outre cette méthode est évolutionniste, elle ne regarde la société africaine que comme une étape archaïque dans l’évolution de la société humaine en général. Ensuite le monisme explicatif qui en découle et la caractérise, explique aussi la théorie diffusionniste, qui est le paradigme de l’afrocentricité, et qui limite singulièrement ses capacités heuristiques.

Ainsi à moi, l’argumentation proposée pour prouver l’unité de la civilisation africaine apparaît comme une longue juxtaposition d’arguments, qui n’entrent pas en fusion entre eux, pour créer une congruence. C’est ainsi que, nous sommes toujours obligés d’avoir recours à cette démarche diffusionniste quelque peu artificielle qui nous oblige à tracer des trajectoires, voire des lignes droites avec une règle sur la carte de l’Afrique, depuis la vallée du Nil pour suivre à la trace le déplacement des groupes humains d’Est en Ouest, ou du Nord au sud. Comme si ces groupes devraient précieusement conserver un feu sacré qui devait absolument rester allumé depuis leur point de départ, jusqu’à leur point d’arrivé, pour pouvoir reconstruire la civilisation pharaonique, une fois installés quelque part. Tout cela n’est pas sans intérêt, mais est notoirement insuffisant, pour bâtir une véritable théorie scientifique et politique. Cela relève surtout du bricolage empirique sur le plan intellectuel. Visiblement à ce niveau, nous ne sommes pas encore des concepteurs d’une théorie qui reposerait sur des bases hypothético-déductives. Nous demeurons au mieux au stade de l’observation scientifique.

D’où le malaise que nous ressentons, qui relève d’une non satisfaction intellectuelle. C’est à cette insuffisance que nous ressentons confusément, que le KARISME apporte une réponse complète, sans que sa position idéologique ou théorique ne soit d’ailleurs dans sa nature en opposition avec l’Afrocentricité. Elle se donne simplement pour objectif d’opérer un changement de paradigme pour ré-armer justement le camp afrocentriste. Mais cela impose aussi un changement d’appelation. D’où le KARISME.

II- PRINCIPES DE BASE DU KARISME

La méthodologie sur laquelle le KARISME s’est construite tire sa force dans la capacité d’observer, puis de connaître la physiologie de la société africaine, dans sa statique, comme dans sa dynamique. La chose la plus importante à connaître ici, est avant tout la structure de la formation sociale africaine et son univers, tant mental que physique. Son observation, puis son analyse nous a permis de connaître sa logique sociale, qui est plurale et fonctionnelle, puis les facteurs qui provoquent son changement et son développement. Nous savons de ce fait que ce Mode d’organisation est un système communautaire, et qu’il possède une trajectoire de développement qui lui est spécifique. On peut aller plus loin dans la connaissance des mécanismes qui agissent et déterminent le destin de cette formation sociale. On évoquera alors la particularité de son idéologie: l’Initiation, la Maât, dont la puissance catharsique intervient sur la structure mentale de l’homme, pour la guérir de ses pathologies, puis organise son développement et son épanouissement spirituels. Or, l’action de la Maât a des conséquences qui se prolongent dans l’historicité même de la société africaine, puisque cette action est justement responsable du changement social et du développement du système communautaire. Ainsi l’action de la Maât transforme l’homme et par ce biais, change et développe la société africaine. C’est un argument que nous avons maintes fois exposé, mais qu’il faut à présent insérer dans un nouveau contexte paradigmatique.

Il en résulte une trajectoire de développement au cours de laquelle, étape, par étape le système communautaire passe d’une société communautaire de base ou Type I, à une société communautaire en cours de transformation ou Type II, à une société communautaire développée ou Type III. Enfin au delà de ce premier cycle, la société africaine bascule dans une société post-communautaire, que nous avions baptisée:« Société Initiatique », car ici, la Maât d’idéologie qu’elle était au cours du développement du système communautaire, et à chacune de ses étapes, devient dans la société initiatique cette culture elle même. Visiblement nous changeons là de pardigme social. Ce schéma que nous venons de rappeler résulte d’une reconstruction mentale de la société et de l’histoire africaines, car l’observation ou la connaissance directes de cette histoire et de la morphologie des diverses sociétés africaines, ne permet pas d’en déduire une typologie et une théorie sociale comme celle que nous avons proposées. Il faut donc faire abstraction de la réalité sociologique et historique qui paraît évidente, pour se hisser très haut par la pensée, afin de retrouver le vrai sens du développement de la société africaine. Nous n’avons pas hésité à inverser l’ordre chronologique de cette histoire telle que l’historiographie nous l’enseigne pour vouloir saisir le moteur et le schéma qui commandent le développement de la société africaine. En prenant une telle option on peut alors bâtir une théorie sur des fondements hypothético-déductives, qui pourrait accepter la falsification au sens poppérien du terme.

C’est aussi au niveau de la Société Initiatique, que se résout une autre complication récente de l’historiographie africaine contemporaine. On a prit l’habitude suite à une étude publiée par le doyen DOUMBI FAKOLY, (« La religion n’existe pas, seule la tradition existe ») de considérer que la Religion s’opposait à la tradition dans l’histoire africaine. Cela sous-entend le fait que les Africains n’ auraient pas besoin de la religion, car leur besoin en spiritualité est satisfait par la tradition africaine elle même qui englobe toutes les formes possibles et variées de pratiques magico-religieuses. Mais C’est là une façon de récourir à la pire solution, pour apporter une réponse à un problème pertinent. Car les historiens ont démontré que la religion existait dès la préhistoire. De fait, les Neurophysiologistes, ont prouvé l’existence d’un gène de la foi, ou de la croyance, qui explique l’obsession des hommes à fonder des religions. Même si on voudrait faire l’impasse sur la longue histoire des grandes puissances africaines de l’Antiquité, on est bien obligé de reconnaître qu’ en Egypte, à la fin de la XVIIIè dynastie, la tradition a bien engendré une religion clairement constituée avec Amenophis IV futur AKHENATON. Que, par un caprice de l’histoire, cette religion ait surtout profité au monde abrahamique et non pas aux Africains eux mêmes, ce, quels que soient les reproches que l’ont pourrait formuler sur l’attitude agressive du pharaon mystique (qui était rappelons-le, dans une situation révolutionnaire) envers le panthéon traditionnel pharaonique, j’estime, que l’on commet là, la plus grande erreur historique qui soit. Car ce jugement repose sur des arguments affectifs, bien que nous soyons d’accord par ailleurs sur l’analyse des relations malhonnêtes que le monde abrahamique a tissé avec le monde kamite depuis l’antiquité, ce qui constitue la première étape non seulement de la falsification de l’histoire du monde kamite, mais aussi de son aliénation.

Pour moi, la religion solaire monothéiste inventée par AKHENATON, est réellement l’aboutissement de la tradition africaine elle même. Cette religion est la meilleure mise en oeuvre de la Maât, qui soit. C’est la sublimation de la tradition kamite, car la tradition n’est pas un paquet cadeau figé, mais animé et dynamique. La tradition est vivante. Tourner le dos à cette religion serait donc une erreur historique tragique que nous risquons de regretter amèrement jusqu’à la fin des temps. Car cette religion qui n’a été qu’imparfaitement copiée par le monde abrahamique, d’où les carences des religions qui en découlent, est la solution parfaite au vide spirituel actuel de l’humanité. Ainsi, loin de s’opposer à la religion, la tradition africaine a bel et bien fondé la première religion monothéiste suite à une Révolution politique, celle d’Amenophis IV.

Cette connaissance de l’intérieur de la société africaine, est ce qui nous a convaincu de baptiser la démarche qui s’en dégage: de méthode matricielle. Elle nous permet de poser une définition scientifique de la société africaine, de comprendre son organisation, sa dynamique sociale et les facteurs qui expliquent cette dynamique. Elle nous permet ainsi d’appréhender la matrice même de cette formation sociale, puis de formaliser et de modéliser sa structure.

A condition d’avoir pris toutes ces précautions, nous comprenons par la suite sans effort peut-on dire, que toutes les sociétés africaines, ayant les mêmes représentations, et les mêmes croyances, donc la même conception du monde, possèdent donc de ce fait la même idéologie, l’Initiation ou la Maât, qui est responsable de la transformation et du développement du système communautaire, le Mode d’organisation des Négro-africains. Par conséquent, chaque société africaine peut connaître la même trajectoire de développement que l’Egypte, la Nubie ou Axoum, si son historicité n’est pas contrariée, par des handicaps historiques imprévues comme la Traite et la Colonisation, et à condition de pratiquer de façon systématique la Maât.

Autrement dit, n’importe quelle société africaine dans les conditions normales de fonctionnement de son système communautaire, est capable de reproduire la trajectoire de développement, dont l’Egypte pharaonique est le modèle idéal typique. Autrement dit la Maât qui s’impose ainsi comme le véritable moteur de la civilisation africaine, sert aussi de cellule-souche pour pouvoir reproduire notre civilisation, dans n’importe quelle région du monde et de recréer puis de fixer son identité, dans n’importe quelle condition. Plus concrètement, par sa pratique, nous pouvons reproduire la trajectoire de développement propre à la société africaine que les trois grandes puissances africaines de l’Antiquité: la Nubie, l’Egypte et Axoum, avaient expérimenté de bout en bout. Les sociétés africaines précoloniales, elles aussi, auraient pu parfaitement accomplir le même parcours, si elles en avaient pas été empêchées par les lourds handicaps historiques que furent l’Esclavage, la Traite et la Colonisation.

Lorsqu’on a compris cela, le diffusionisme perd une grande partie de son intérêt. Car ce ne sont plus physiquement les migrations (par exemple) qui sont sensées préserver l’héritage historique et culturel d’un groupe social africain, mais c’est la pratique de la Maât qui va reproduire le code culturel commun à notre aire de civilisation. Ici intervient donc un vrai changement de paradigme sur le plan intellectuel. Cette problématique avait déjà été abordée dans le Tome II de la Théorie de la Révolution Africaine. Le livre est en réalité une introduction au changement de notre paradigme. Pour l’exposer de façon détaillée au grand public, une émission de télévision semblable à celle réalisée pour la promotion du Tome I, fut préparée puis soigneusement enregistrée dans les studio de TV SUD, avec le fameux Salomon MEZEPO comme Maître de Cérémonie. Mais nous apprîmes un mois plus tard, que l’enregistrement de l’émission avait été égaré. Difficile à croire. Mais ce n’est que partie remise, car le Tome III de la Théorie de la Révolution Africaine (Mode Opératoire) aura pour matière, précisemment, la staratégie globale de sortie de la société africaine postcoloniale et la rupture avec le paradigme actuel. Rupture qui bien entendu préserve le contenu positif de l’héritage de la pensée africaine, puis reformule son achitecture théorique pour une plus grande efficacité opératoire. Et là je serai habillé en Pharaon pour présenter son contenu. Après quoi débutera le cycle de conférences destiné à communiquer à la communauté africaine tout le contenu du KARISME: la Théorie de la Révolution Africaine.

III- LE KARISME INAUGURE LE RETOUR A L’UNIVERSALITE DE LA PENSEE AFRICAINE

Une fois sorti des approximations théoriques auxquelles l’afrocentricité nous exposait, la pensée africaine devient suffisamment forte pour s’imposer définitivement sur le plan universel, sans avoir pour cela à pratiquer des alliances contre nature ou sceller des compromis incertains. Ou de s’enfermer dans autisme intellectuel.

Je definis le KARISME comme une méthode qui en toute connaissance de cause, utilise consciemment, méthodiquement et rationnellement l’héritage historique africain et les ressources culturelles de l’Afrique, non seulement pour reconstruire une définition objective et scientifique de la société africaine, mais aussi pour répondre aux pathologies dont cette formation sociale a été ou est affectée actuellement en raison du passé chaotique et calamiteux qu’elle a connu, du fait des violences, des dominations et des traumatismes liés à l’esclavage, à la Traite Négrière, à la Colonisation et au Néocolonialisme. Enfin le KARISME se pose comme une théorie politique et révolutionnaire, en isolant de l’hériatge culturel africain, une ressource spéciale, qui est son idéologie, (le noyau de la culture africaine, sa partie la plus dynamique) en l’occurence la Maât pour démontrer que celle -ci représente précisémment la réponse la plus fonctionnelle à la nature de la crise de la société africaine postcoloniale. Nous savons déjà que cette crise se présente à l’analyse comme étant une crise affectant la personnalité africaine. Or cette dimension de l’être qui represente la structure mentale de l’homme, est justement le domaine de compétence de l’Initiation, la Maât. Par suite, le KARISME en cohérence avec les avancées les plus prometeuses des sciences humaines, (qui recommandent expréssement de fonder le développement de toute société sur sa propre culture, donc sur ses valeurs et même sur sa temporalité particulière), et conformément à son identité propre, recherche dans la Maât tous les matériaux et les outils nécessaires à la construction de la nouvelle société africaine qui correspond à la Renaissance Africaine. Ainsi strictement, la Renaissance Africaine revient à pratiquer la Maât, pour refonder l’éthique , la spiritualité et l’organisation sociale africaines. Bref si la MAAT est la quintessence de notre culture, et de notre civilisation, le KARISME est l’outil qui permet de la mettre en oeuvre conceptuellement donc sur le plan théorique et opératoirement donc de façon révolutionnaire.

Ceci répond également clairement à la question du rapport que les Africains doivent avoir avec des idéologies extra-africaines, comme le Socialisme, le Communisme, le Capitalisme,  l’Islam, ou le Christianisme etc. La réponse à la crise africaine ne peut pas être fournie par ces idéologies, avec lesquelles nous entretenons un conflit historique, et qui par ailleurs sont au bout de leurs propres capacités et de leur cycle de vie. L’Histoire nous oblige donc aujourd’hui à puiser dans notre propre héritage culturel pour trouver les arguments et les réponses à nos attentes et aussi pour apporter à notre tour, notre nouvelle contribution au patrimoine de l’Humanité. Notre contribution en tant qu’Africains et Nègres, au Genie universel. Cela nous oblige de faire l’effort de dépassement de soi pour ne pas être obligés de plagier et de faire du mimétisme primaire ou servile, même déguisé. Le KARISME est précisément une théorie qui donne la mesure de cet effort de dépassement de soi. Le Karisme est la réponse du génie kamite aux problèmes actuels de la communauté africaine et à la crise de la civilisation mondiale. C’est en un mot la Théorie de la Révolution Africaine.

Or ce nouveau paradigme qu’est le KARISME, dont l’idéologie est la Maât, correspond bien aux attentes actuelles de l’Humanité elle même. Sur tous les plans: social, économique, politique, psychologique, biologique, moral, éthique. Les problèmes du type de société qui domine l’humanité actuellement, la société néolibérale, ne peuvent trouver une réponse suffisante et complète qu’avec l’initiation, autrement dit dans la pratique de la Maât.

C’est l’idée que j’exprimais exactement dans la préface du Tome II de la Théorie de la Révolution Africaine sous-titré: « Maât. L’idéologie africaine ». 

 En un mot les problèmes de la société néolibérale se résument dans le fait que cette société s’est tellement impregnée de sa propre idéologie, l’individualisme, qu’elle a fini par sur-développer chez ses membres, l’égocentrisme, en occultant presque totalement l’existence de leur Nature Supérieure, qui est chez tout être humain, indépendement de ses origines ethniques, le seul facteur dont l’activation et la mobilisation, permettent de changer radicalement son existence. Résultat, même les bonnes manières ne suffisent plus à limiter dans cette société la guerre de tous contre tous. Une observation à peine poussée nous dévoile que le monde entier est dirigé aujourd’hui par une caste formée par une élite, qui assume l’idéologie individualiste de manière instrumentale et presque caricaturale. Elle apparaît alors de la manière la plus inquiétante comme une mentalité cynique, qui n’a que faire des sentiments de bonté et de pitié, et qui est prête à détruitre l’humanité elle même pour préserver ses intérêts notamment financiers. Nous avons alors à faire à une logique obscure et aveugle, qui ne satisfait que les désirs les plus égoïstes de quelques uns contre l’écrasante majorité de la population mondiale. Cette logique répand une mentalité qui ne comprend même plus la signification du mot fraternité, sauf quand celle-ci s’identifie au groupe minuscule d’individus qu’elle représente, et qui sont prêts à déclencher une violence barbare pour défendre leurs intérêts les plus catégoriels. Une telle logique présage de probables calamités pour l’avenir même de l’espèce humaine. C’est pourquoi, il faut lui trouver dès maintenant une alternative, qu’aucune religion, ni aucune théorie jusqu’à présent n’avait réussi à formuler, ni à imposer.

 

CONCLUSION

La MAAT, ne craint pas d’intervenir dans un univers aussi anomique, c’est même son domaine de compétence et de prédilection. Et c’est sa formulation sous forme de Théorie Révolutionnaire (le KARISME) qui lui permettra de se mettre en position d’agir. Là où toutes les religions révélées ou pas, et toutes les théories précédentes, ont montré leurs limites et leurs lacunes, le KARISME, va refonder tout simplement la civilisation humaine sur la base d’un nouveau paradigme. Les Africains se retrouvent ainsi en première ligne, puisque malgré les contrevérités qu’on a essayé de répandre récemment, ils sont bien les héritiers directs et présomptifs de la Maât, qu’ils ont reçu directement de leurs ancêters qui en sont les inventeurs. Or, même sans remonter dans la plus haute Antiquité, le KARISME nous démontre que parce que toutes les sociétés africaines partagent les mêmes croyances, les mêmes représentations, et la même conception du monde, elles partagent de ce fait nécessairement la même idéologie: la MAAT, qui est le noyau dur de la culture africaine elle même. Mais pour être capable de l’imposer comme une pensée universelle, la communauté africaine doit d’abord réaliser une Révolution Africaine qui doit se répercuter dans toutes les fibres et toutes les cellules, de chaque membre de cette communauté, afin que chacun puisse prendre conscience du commencement imminent d’une ère nouvelle pour toute la communauté africaine. Et de ce fait même, impressionner toute l’humanité, et qui sans violence, ni contrainte se convertira d’elle même, par la force de l’exemple et de l’esprit, à cette nouvelle pensée.

C’est ce qui s’appelle vaincre sans combattre.

Il n’y a pas de vérité supérieure à la Maât. La Maât Seule est l’Unique Vérité.

 

JP. KAYA

 

 

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