L’AUTO-ALIÉNATION : STADE SUPRÊME DE L’ALIENATION. LA SECTE DES NEGRO-ARABES ET LE PROJET DE L’ASSERVISSEMENT PERPETUEL DU PEUPLE KAMITE


L’AUTO-ALIENATION: STADE SUPREME DE L’ALIENATION

La Secte des Négro-Arabes et le projet de l’asservissement perpétuel du peuple kamite.

Par

JP KAYA

AVANT PROPOS

Ceci n’est pas encore le débat attendu sur la fameuse négritude des Arabes. Dans notre correspondance privée, j’ai demandé à Taheruka SHABAZZ d’exposer la totalité de ses arguments sur la question au lieu de les distiller bout par bout dans des forums. Ceci afin que nous puissions y opposer le point de vue afrocentriste. Mais il préfère le faire dans le cadre restreint des enseignements qu’il compte donner avec Grégoire BIYOGO sur Internet. J’incite donc les Gardiens de la MAAT à suivre de près cette aventure puis d’en rendre compte, pour nous permettre de conclure ce long débat qui a commencé avec l’affaire du Baqt, le Traité qui donna naissance à la plus grande Traite Nègrière de l’Histoire, la Traite Arabe.

1-Qui se souvient aujourd’hui des raisons qui ont poussé le Professeur OBENGA à écrire le puissant ouvrage intitulé: “La Philosophie Africaine de la période pharaonique” ?

Depuis les années 60 un débat faisait rage dans le camp même de la communauté scientifique africaine. Une question incroyable, se posait de savoir si les Africains possédaient-ils oui ou non l’esprit philosophique et l’esprit scientifique ? On se souvient que des intellectuels africains de renom, bardés de diplômes universitaires, étaient allés jusqu’à créer ce qu’il ont baptisé “L’ECOLE DE LA PHILOSOPHIE CRITIQUE AFRICAINE”, qui d’après eux était l’héritière de la pensée de KANT, à la tête de laquelle se trouvait le grand philosophe béninois Paulin HONTOUNDJI. Cette Ecole voulait faire sans complexe la démonstration que la culture africaine était archaïque, dépassée, surannée, fondamentalement anti-scientifique et incapable d’engendrer l’esprit philosophique.

2-Selon les membres de cette Ecole, il tombait donc sous le sens que les Africains contemporains devaient prendre conscience d’une mission essentielle, celle de détruire cette culture africaine traditionnelle, pour la remplacer par la culture occidentale et la religion chrétienne, pour ainsi permettre à l’Afrique d’acquérir une mentalité scientifique qui lui permettrait de se moderniser et se développer.

Cette histoire est proprement ahurissante et de nos jours personne n’oserait y croire. Même les occidentaux eux mêmes n’en revenaient pas. Le Professeur Gilbert RIST, chef de Département des Etudes Africaines à l’Université de Genève en est arrivé à se lamenter: “La colonisation a-t-elle donc détruit les Africains à ce point ?”, s’exclama t-il au cours d’un colloque.

3-D’où vient cette attitude regressive qui habite l’inconscient des Nègres ? Elle a été analysée par les observateurs de la communauté africaine. Il s’agit d’une intériorisation de l’idéologie hamitique, absorbée dans une position psychologique de forte infériorité, et d’extrême faiblesse morale. Refusant d’attribuer aux Nègres la responsabilité de leurs propres civilisations, les premiers africanistes ont cru bon chercher cette origine en dehors de l’Afrique, et ont trouvé des Sémites prêts à endosser le beau rôle.D’autant qu’ils ont toujours été en contact avec les Nègres depuis la plus haute Antiquité. Vaincus par l’esclavage, les Traites esclavagistes et les Colonisations successives, les Nègres en général n’avaient plus la force morale à l’époque postcoloniale de s’opposer à la falsification et à la spoliation de leur propre héritage historique. Alors vaincus moralement, ils en sont arrivés à accepter d’être considérés comme les derniers des derniers, des primitifs. Ainsi, toutes les civilisations nées sur le sol africains ont-elles été attribuées à des populations extérieures à l’Afrique, considérées comme plus évoluées. C’est ainsi que les Sémites furent-ils considérés comme les inventeurs des plus grandes civilisations kamites comme l’Egypte des Pharaons.

4-Pour prouver le contraire, et même démontrer que la civilisation, comme la science et la philosophie sont nées en Afrique, arguments massifs à l’appui, le Professeur OBENGA a dû produire le monument que nous connaissons pour casser net, l’africanisme dans son élan. Nous avons produit pour contribuer à ce débat un ouvrage qui va dans le même sens: “CE QUE PHILOSOPHER VEUT DIRE…”.

On croyait l’affaire pliée définitivement. Mais de façon inattendue, le problème a resurgi ailleurs et se repose aujourd’hui de nouveau et dans les mêmes termes du côté oriental, dans les relations entre Noirs et Arabes.
Désormais, c’est autour de Grégoire BIYOGO et du clan SHABAZZ, qu’une idéologie importée des USA, engendrée par la Nation de l’Islam, veut à présent imposer aux Nègres d’Afrique l’idée que les Sémites sont des Noirs, en particulier les Arabes, qui seraient des Nègres depuis leur apparition, jusqu’à nos jours.

5-Au delà de ces affirmations gratuites qui nous rappellent les arguments de l’Ecole de la Philosophie Critique Africaine, l’idée est de démontrer que les Sémites furent les premiers habitants de la vallée du Nil. Donc pour eux en réalité les Egyptiens anciens ont toujours été des Sémites depuis les débuts de la civilisation pharaonique, jusqu’à sa disparition.

Autrement dit si selon eux les Sémites, et en particulier les Arabes sont les vrais fondateurs de la Civilisation pharaonique, il est légitime, de les retrouver aujourd’hui encore en Egypte, quelle que soit la façon dont ils y sont revenus.

Ensuite, puisqu’ils ont inventé entre temps l’Islam, il est normal que cette religion s’impose à toute l’Afrique, puisque nous reconnaissons les Egyptiens anciens comme étant nos ancêtres les plus préstigieux.

Donc, selon les Négro-Arabes si nous acceptons cette primauté des Arabes sur l’Afrique, nous devons accepter aussi d’être arabisés, et de minimiser ou même d’ignorer la réduction en esclavage des Noirs par les Arabes qui continue de nos jours et qui dure depuis des millénaires.

6-Ainsi la communauté africaine a exactement aujourd’hui le même problème face à la secte des Négro-Arabes que hier face à l’Ecole de la Philosophie Critique Africaine, oportunément détruite et liquidée en même temps que l’africanisme.

Heureusement pour nous le problème se pose de façon claire sur le plan méthodologique. Il s’agit de démontrer comme l’ont affirmé C.A DIOP et Théophile OBENGA, que les langues africaines ne sont pas des langues sémitiques et que la famille négro-égyptienne n’a rien avoir avec la famille sémitique, malgré les emprumts réciproques faits par les deux familles l’une envers l’autre. Ensuite, si les Noirs se sont établis pendant plus d’un millénaire durant la Protohistoire en Arabie Heureuse, et y ont fondé une brillante civilisation, celle des Adites, connue aussi dans la Bible par l’adjectif sabéenne, on peut parfaitement démontrer comment cette civilisation fut détruite en plusieurs étapes par les Jectanides qui représentent les Sémites authentiques. Mais ici Shabazz s’est encore illustré dans un tour de passe-passe par une tentative de falsification pour faire croire à ses lecteurs que les Jectanides sont des populations Noires.

7- Or, l’anthropologie physique nous apprend à cet effet, que pour la période protohistorique, l’analyse craniométrique et ostéologique sur l’ensemble de la région de la péninsule arabe et du Moyen-Orient nous permet de déduire la présence d’une population semblable à la population méditerranéenne actuelle (cf. Paul GARELLI, “Le Proche Orient asiatique”, puf Paris, 1969). Marc BERGE auteur d’un ouvrage colossale sur la civilisation arabe: (BERGE (M): Histoire ancienne des peuples: les ARABES; Lidis, Paris , 1981,705pages), nous averti qu’il n’ya pas de race arabe, que le peuple arabe est le résultat d’un brassage de populations, que l’Islam a unifié et que la pratique de la langue arabe a doté d’une identité. Autrement dit, si dans la composition de l’ethnie arabe les Nègres qui les premiers et c’est normal ont occupé la péninsule arable entrent pour un pourcentage respectable, les Arabes en réalité ne peuvent être considérés que comme un peuple métis, issu d’un croisement et d’un mélange de plusieurs peuples qui se sont mélangés, fondus et métissés dans le Moyen Orient, qui fut à la Protohistoire un grand carrefour entre l’Afrique, Europe et l’Asie. Cette opinion avait déjà été formulée au XIXè siècle par Gustave LE BON qui a consacré aux Arabes un ouvrage monumental en plusieurs volumes, et bien entendu François LENORMANT qui a écrit sur l’ensemble de tous les peuples du Proche Orient (Egyptiens, hebreux, Phéniciens, Chaldéens, Akkadiens, Arabes, etc. et même sur les Indiens), faisant preuve d’une érudition absolument éblouissante.

8- Paul GARELLI nous fait encore observer qu’avant l’arrivée des Sumériens et leur installation au Sud de l’Irak, cette région était peuplée, par de populations Sémites. Car on retrouve dans la langue sumérienne des mots et des expressions sémites, ou même des inscriptions relevées sur des artefacts, à des niveaux archéologiques qui ne peuvent s’expliquer que par un peuplement sémite antérieur à l’arrivée des Sumériens. Il faut comprendre par là qu’un fond de populations Sémites existait avant même de se métisser ou de se mélanger avec les Noirs.

Par ailleurs, il est non seulement erroné de considérer les Adites ou Sabéens comme les premiers Arabes, car leur langue même: l’amharique ou sabéen , n’a rien avoir avec l’Arabe, mais elle fut parlée en même temps que l’Arabe par les populations adites, lors de la rencontre houleuse entre Jectanides et Adites. D’ailleurs des vestiges de cette langue existent encore aujourd’hui au Yémen, alors que l’arabisation et l’islamisation ont produit une travail puissant de nivellement anthropologique depuis des millénaires. Il sera possible démontrer à quel point les institutions sabéennes fondées sur les castes comme en Afrique Noire ancienne sont profondément différentes de celles des tribus arabes qui relèvent d’une féodalité militaire. De même que leur spiritualité qui étonnamment ressemble à celle de l’Egypte Pharaonique, n’a rien à voir avec celle des Sémites..

9-Ainsi il nous appartient de développer le même effort que celui produit par CA DIOP et OBENGA, pour mettre hors d’état de nuire cette nouvelle déviance ou délinquance intellectuelle. La secte des Négro-Arabes s’ingénie à brouiller les pistes, en phagocytant l’héritage pharaonique et en lui retirant toute sa substance kamite, et lui substituant une origine et un contenu indécidables pour préparer son arabisation. Elle veut nous faire croire que c’est cet asservissement définitif de l’Afrique par les Arabes, qui permettra son développement et sa Renaissance. Mais il est clair que la Renaissance Africaine se fera contre cette aberration.

10-Les Négro Arabes rendent cependant aux Kamites un service dont -ils ne soupçonnent pas l’importance. C’est la réappropriation en accéléré de leur propre héritage historique et spirituel, par les kamites et le développement d’une mentalité révolutionnaire agressive contre des ennemis qui se dévoilent clairement et se posent comme tels. Leur activisme va rendre d’ailleurs impossible la création des Etats Unis d’Afrique qu’ils souhaitent et appellent de leurs voeux, car les Nègres ont compris le piège que représente pour eux cette institution dans laquelle ils sont appelés à disparaître définitivement sur les plans spirituel, culturel, linguistique et même ethnographique. C’est ce processus que la division du Soudan en deux Etats a stoppé, mais qui nous sert encore de vignette et de marqueur chronologique.

11-En définitive le combat contre la secte des Négro-Arabes sera plus terrible que celui qui a opposé nos aînés aux africanistes et à leurs laquais africains: les philosophes critiques Africains. Car nous avons à faire à des individus qui contrairement à ce que nous pensions ne sont pas de simples aliénés, mais agissent de façon consciente, concertée et organisée. Ils sont en situation d’auto-aliénation. C’est à dire pour nous, Ils acceptent consciemment cette situation, Car ils sont en mission pour une cause: asservir définitivement la communauté africaine au profit des Arabes, au moment même où elle est la plus facile à vaincre, car elle traverse une longue période intermédiaire, et qu’ elle est loin d’avoir retrouvé ses répères mentaux.

12- Donc si nous avons bel et bien gagné la guerre contre l’africanisme, celle contre les Négro-Arabes si elle sera nécessairement gagnée à terme, risque de passer par des étapes terribles, de confrontations brutales et de guerre réelle, exactement comme cela c’est passé au Darfour, au Sud Soudan et récemment encore au Mali. C’est le prix à payer pour reconstruire la personnalité et l’identité kamites. Mais cette confrontation contre nos pires ennemis qui ne veulent pas laisser l’Afrique respirer, pour décider de son destin, sur la base de ses propres valeurs est une bonne chose car elle va nous permettre de mesurer à quel point la liberté est une chose précieuse.

VIE FORCE SANTE.

JP KAYA

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